Petits pots bio et percées techno

Annie Lafrance
Le Soleil


Le bio est partout. D'abord, dans notre alimentation, dans notre garde-robe, mais aussi dans nos petits pots de crème. En 2008, la cosmétique verte a pris d'assaut les tablettes des pharmacies, lancée par de petites lignes indépendantes et suivie de près par des multinationales, telles que L'Oréal, Revlon et The Body Shop, dont les campagnes vantent les mérites des composantes naturelles. Mais il semble que les contraires s'attirent, avec une industrie de la beauté axée sur les développements scientifiques à la fine pointe de la technologie. Regard sur la cosmétique en 2009.

D'un côté, se bichonner écolo est devenu le nouveau geste quotidien de millions de femmes et d'hommes qui portent une attention particulière à ce qu'ils appliquent sur leur épiderme. Ce qui a incité les compagnies à afficher en grosses lettres la liste des ingrédients de leurs produits de beauté et de maquillage, et surtout ce qu'ils ne contiennent pas. Exit les parabènes, les agents de conservation synthétiques, le silicone et les produits animaux (et les tests sur des petites bêtes). Désormais, le minéral, le végétal et surtout les produits naturels qui préservent l'environnement et qui se renouvellent facilement sont recherchés.

Mais il faut tout de même être vigilant : l'appellation verte est tendance et elle est apposée sur plusieurs produits qui ne sont pas totalement biologiques, ni naturels. On recherche donc la certification Ecocert, ou encore le commerce équitable, lequel est réglementé au Canada.

De l'autre côté, l'innovation technologique a la cote. Devant une clientèle qui refuse de vieillir et qui consomme de plus en plus de produits faisant miroiter une jeunesse éternelle, ou presque!, les compagnies se font la lutte pour mettre sur le marché des crèmes et des fluides de plus en plus performants. Pour y arriver, ils investissent des sommes importantes dans la recherche de nouvelles formules, qu'ils tiennent secrètes il va sans dire. Au résultat, il faut pratiquement un dictionnaire médical pour déchiffrer la liste des ingrédients actifs. On reconnaît aussi cette tendance par ses publicités axées sur les promesses de résultats, telles que «65 % plus d'élasticité en deux semaines» ou «un teint 90 % plus radieux». Des données qui sont habituellement issues de tests à l'interne.

Enfin, parmi les tendances émergentes, les soins antipollution s'inscrivent dans l'air du temps. La plupart de ces produits proposent une barrière aux rayons UV et aident à neutraliser les radicaux libres. Leurs ingrédients actifs protègent aussi de l'environnement, de la fumée de cigarettes, des émissions toxiques des voitures, etc. Parmi les compagnies qui ciblent ce marché, la québécoise Reversa a lancé à l'automne dernier un sérum antioxydant au thé vert visant à ralentir le vieillissement prématuré de l'épiderme du visage. Alors, serez-vous bio ou techno en 2009?